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mardi, 21 octobre 2008

A la recherche du temps perdu

Voilà plus de deux ans que je n'avais rien écrit sur ce blog. Les raisons qui ont entraîné ce silence sont trop personnelles pour être exposées en publique. Disons simplement que le coeur n'y était plus, mais que la Sardaigne n'a rien à voir avec cela. Bien au contraire, ma Princesse et moi remercions les Sardes et leur gentillesse qui nous ont été a traverser cette épreuve.

Pour renouer avec ce blog, je vous offre ci-dessous le témoignage d'un Monsieur qui est venu ici retrouver ses racines. Selon les "normes" de la blogosphère, le texte serait trop long, mais je ne me suis pas senti le droit d'un changer une seule virgule.

Je précise que je publie son texte avec son autorisation. Voici
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Bonjour Gérard,

Comme convenu, je vous fait part de mes de mes impressions, suite à ce séjour mémorable où l'émotion s'ajouta à l'émotion dans un enchantement que j'ai bien du mal à décrire.
L'avion ayant du retard, nous sommes arrivés à Abbasanta vers minuit. Nous étions attendus à l'hôtel Mandra Edera. Une table était mise dont la qualité nous fit vite oublier fatigue et légère mauvaise humeur. Je ne reparlerai pas de l'hôtel, de son cadre, de sa cuisine, de son confort rustique et de nos hôtes, tellement tout fut parfait d'un bout à l'autre de notre séjour.
J'avais organisé sur une impulsion ce voyage autour de la mémoire de ma mère disparue il y a trois ans et qui avait quitté l'île à l'âge de sept ans en 1921, pour ne plus jamais revenir à son village de Neoneli. Le seul lien ténu que j'avais gardé un temps avec ma famille sarde, après la mort de mes grands-parents, demeurait avec une cousine germaine de ma mère. Devenue veuve très tôt, pendant la guerre, d'un Italien du continent et résidant à Pise, cette femme admirable élevait ses trois fils et une nièce dont les âges encadraient le mien. L'été 1957, ils m'invitèrent pour les vacances et nous fîmes donc connaissance. Par la suite, je suis retourné à Pise à deux occasions, puis, le lien s'est délité , la vie, quoi ...
Dès le lendemain de notre arrivée, le lundi matin, donc, nous avons pris la route de Neoneli. Tout y était clos. Où aller ? Même l'église est fermée, pour cause de restauration, sans doute. Seules les pierres tombales du cimetière, dont un grand nombre portent le nom de jeune fille de ma grand-mère (mon grand-père était de Sant'Antioco ), nous disent que nous sommes au bon endroit. Au seul café ouvert indiqué par deux carabiniers, mon Italien balbutiant ne nous permit pas de nouer un contact avec la serveuse qui nous considérait d'un air plutôt narquois. Nous décidâmes de repartir et de revenir plus tard dans la semaine.
Le mardi matin, équitation à Mandra Edera pour ma belle-fille et moi-même. En ce qui me concerne, équitation est un bien grand mot, après plus de quarante ans de non-pratique. Quant à Clémence, elle a très belle allure sur un cheval. Le maître-écuyer ne s'y trompa pas et lui confia un instant sa jument de concours. L'après-midi, nous sommes allés à Oristano en visite et pour quelques emplettes. Dans la vitrine d'une librairie, un titre attira mon attention : "La Sardaigne ne t'attend pas". Message ? sans doute, car je me suis rendu compte par la suite que les Sardes font preuve d'une très grande retenue, ou plutôt d'une distance courtoise dans les contacts. Puis, nous avons continué notre route vers les plages. Le paysage et la végétation rappellent le Cap-Vert, au Sénégal, baobabs en moins. Et bien sûr, ma femme n'a pas pu résister à cueillir des figues de Barbarie en sachant très bien ce qu'elle risquait. Que ne ferait-on pas pour réveiller des souvenirs d'enfance, même s'ils sont un peu piquants ?
Le mercredi, Clémence nous ayant abandonnés pour un cheval, nous sommes repartis, ma femme, mon fils et moi, vers Neoneli avec un plan d'approche : la mairie. Toujours dans mon Italien très basique (et encore !), j'ai pu faire comprendre à la préposée ce que nous étions venus faire. Sur mes indications, elle nous a ouvert ses registres et nous avons pu lire l'acte de naissance de ma mère. Bien...allais-je en rester là ? Non. La dame m'ayant dit que plus loin dans la rue habite une famille portant le nom qui allait devenir notre sésame, j'ai beaucoup hésité et puis, tiré, poussé par mon fils et ma femme (elle a parfois des hardiesses qui me sidèrent), j'allai sonner à cette porte... J'ai dû me faire comprendre à la femme déjà âgée qui m'a ouvert, car nous fumes tous trois invités à " finir d'entrer", comme on dit à Lyon. A la réflexion, je pense que j'ai subi pendant les minutes qui suivirent un petit examen de passage dont le jury se composait de cette aimable femme, de son mari et de la sœur de ce dernier appelée en renfort. L'échange laborieux (parfois en Allemand !) déboucha sur une piste : ces personnes sont sans doute des cousins très éloignés, mais, à deux pas d'ici, il y a des parents beaucoup plus proches, c'est certain. Guidés par la "dame-en-renfort" qui me rappelle ma mère, nous sommes allés nous présenter à cette famille. Nous sommes tombés en pleine préparation du mariage de la fille de la maison qui allait épouser un garçon d' Abbasanta, les festivités étant prévues de se dérouler en partie au Mandra Edera, le jour de notre départ... Nous apprîmes que cette petite cousine possède le café où nous avions fait halte le lundi, la serveuse narquoise ayant fait une courte apparition. Bien sûr, avec la barrière de la langue, il ne fut pas facile de déterminer avec précision nos liens familiaux. Et puis, franchement, ils avaient autre chose à faire : la préparation du mariage. Mais il leur a suffit de savoir de qui je suis le fils et le petit-fils. Ils ont réveillé au fond de ma mémoire un prénom, un diminutif, celui de ma mère : Tonina. Alors, tout s'enchaîna. On nous proposa d'aller voir la maison natale de ma mère . C'est A....., la "nièce" dont j'avais fait la connaissance à Pise à la fin des années cinquante, qui en a fait l'acquisition. Et A..... est présente, à l'occasion du mariage. Bien mieux : les trois cousins sont annoncés. A....., alertée, nous attendait. Elle nous fit visiter cette curieuse petite maison. Elle nous confirma l'arrivée imminente des cousins, demanda notre numéro de GSM., au cas où...Puis, nous dûmes nous séparer, il se faisait tard pour le déjeuner et Clémence était seule.
Le jeudi, nous allâmes à Bosa par une route sinueuse, nous arrêtant à Flussio et ses curieuses peintures murales. Bosa... un émerveillement avec sa vielle ville toute en couleurs accrochée à la colline du Castello Malaspina. Le soir, au dîner au Mandra Edera , ma femme eut la surprise qu'on nous serve un plat très recherché de son sud- Liban d'origine (elle est née au Sénégal). Le plat est - aussi - un plat sarde, du sud. Etonnant...Il y a d'autres similitudes. La Méditerranée, bien sûr.
Vendredi, dernier jour. Plage à Putzu Idu. L'eau est claire et à meilleure température que celle de la piscine de l'hôtel qui demande un courage d' Allemand ou de Hollandais pour y entrer, ou d'être plus jeune, simplement. Sur le chemin du retour, le téléphone : les cousins sont à Neoneli, c'est F....., l'aîné qui appelait, ils veulent nous voir. Vite, nous rendre présentables, vite, la voiture. Nous avons aisément retrouvé notre chemin dans les ruelles du village. Et ce furent les retrouvailles, un demi-siècle est passé par là. F.....me prit par l'épaule et me dit : "A la recherche du temps perdu ? ". Nous avons repris un tête-à-tête tel que nous en avions à Pise, à Viareggio, à Civitavecchia. J'écoutais et revoyais de nouveau N….., le cadet, quand il me servait de guide à Florence, à Sienne. Ah ! le Palio ! La soirée se termina chez un quatrième cousin hôtelier (d'une autre filiation) que je découvrais. Vin et polyphonies de Neoneli, on m'en offrit le disque dont j'avais entendu parler à Bosa, je crois.
Hier, j'ai reçu, en réponse au mien, un mail de C….., le benjamin, de retour en Californie où il réside et qui n'était pas venu à Neoneli depuis vingt-deux ans. Je lui avais fait part de mon grand étonnement devant ce concours extraordinaire de circonstances. Il me répondait que ses frères et lui, à leur arrivée en Sardaigne et roulant vers le village, avaient, pour la première fois depuis très longtemps, parlé de moi, et qu'à leur arrivée au village, A….. leur avait dit que j'étais là… La Sardaigne est magique…

Charles 

Commentaires

Alors, il reprend ce blog ? même de façon irrégulière, ce sera un plaisir très grand de le lire !
Vous donnez vraiment envie de venir en Sardaigne et pour moi, Italienne de naissance, cette envie va se concrétiser j'en suis sûre.
Un sourire de Paris (bien embrumé).

Ecrit par : manuela | samedi, 08 novembre 2008

rectification de mon email ;-)

Ecrit par : manuela | samedi, 08 novembre 2008

La Bourgogne est mieux!

Ecrit par : Sandra Ship Repair | jeudi, 23 avril 2009

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Ecrit par : I have UGG Boots :) | vendredi, 24 avril 2009

La Sardaigne est pas de la magie. Ce n'est que le terrain

Ecrit par : Lan Messenger User | mercredi, 29 avril 2009

Bonjour!
Nous avons un parcours semblable,je suis ancien d'Issoire 16e promo AEB,Meca Helico;14 ans taxi à lyon,puis un changement de vie pour la Corse retrouver mes racines ou nous vivons depuis presque 12 ans.Corse et Sardaigne sont jumelles dans l'histoire...J'adore la langue Italienne et nous y allons souvent. Tanti Saluti di Corsica e a presto!

Ecrit par : Santer-Santucci Guy | dimanche, 19 juillet 2009

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