« A l'heure de la pause déjeuner | Page d'accueil | Franco, un Sarde, un vrai »

mercredi, 01 février 2006

Scène de ménage à la mode italienne

Il y a quelques semaines, j'entends, au-delà du coin de la rue, une "ragazza" (fille) en train de hurler. Une scène de ménage ?

Passé l'angle, la belle était au téléphone sur son "cellulare", complètement indifférente à son environnement. Roméo et moi avons eu le temps de faire le tour du pâté d'immeubles au rythme de ses reniflades, avant que la scène ne soit finie.

Bon.

Hier, sur la Piazza Michelangelo, un "ragazzo" (garçon) se faisait entendre d'un bout de la place à l'autre.

Encore une scène de ménage. Toujours au téléphone portable.

Le fou rire ma pris quand, annulant le décalage horaire d'un coup magique d'imagination, je me suis dit que le second était le correspondant de la première.

Après tout, c'est peut-être vrai. Qu'en pensez-vous ?

Commentaires

Depuis des mois que je partage virtuellement avec vous vos aventures sardes, je ne peux m'empêcher de vous saluer aujourd'hui, d'autant que vous avez décidé de continuer à "nous" raconter tout ça. J'aime votre ton, votre style et votre humour. Nous sommes aussi tombés amoureux de la Sardaigne en la parcourant en voiture une dizaine de jours au printemps dernier. Et en nous jurant d'y revenir un jour, sûrement...Gratouillis à Roméo ! Evelyne

Ecrit par : evelyne picard | mercredi, 01 février 2006

Nouvelle venue sur votre blog et future fidèle, car j'ai énormément apprécié le dépaysement et votre humour... et je suis une passionnée de l'Italie...merci pour votre blog! au plaisir de vous lire de nouveau: Anne.

Ecrit par : Anne | mercredi, 01 février 2006

lorsque j'entends parler d'Italie en évoquant la Sardaigne, j'ai les cheveux qui se dressent sur la tête!
La Sardaigne est à l'Italie ce que l'Afique du Nord était à la France: simplement un territoire annexé tout comme l'Amérique et ses Indiens.
On parle des Sardes comme des habitants de la Botte en oubliant trop vite que nous sommes sur une ile qui a son histoire vieille de plusieurs millénaires, sa culture, ses traditions, sa langue même si elle fut interdite pendant longtemps dans les écoles ... donc les termes italiens "ragazza" et "ragazzo" sont inappropriés et démontrent que ceux qui prétendent connaître la Sardaigne à travers une anecdote aussi banale qu'universelle ont encore bien des choses à découvrir et à comprendre.
Un franco-sarde qui vous salue.

Ecrit par : François FANNI | jeudi, 16 février 2006

Bien François, c'est noté. Merci de vos remarques.
Pourtant, ici on entend souvent l'expression "ciao ragazzi". Comment expliquez vous cela ?

Autre remarque:
Vous auriez mieux fait de comparer la Sardaigne à la Bretagne, plutôt qu'à l'Afrique du Nord, car en Bretagne aussi il a été interdit de parler le Breton.
C'est d'ailleurs cette similitude de destin qui fait que ma Princesse et moi nous sentons bien ici.

Ecrit par : Gerard | jeudi, 16 février 2006

Je suis d’accord avec vous Gérard, moi aussi je me suis sentie comme chez moi en Bretagne. Par contre, même si les sardes revendiques leurs origines « indépendant » de l’Italie moi je suis fière d’être sarde et aussi fière d’être italienne.
Je me permet de vous raconter un anecdote de il y à maintenant 2 ans : je regardais l’émission « Des racines et des ailles » (France 3 !!) , il y avait un service sur Genova (capitale européen de la culture avec Lille, où j’habite) : premier image… la carte d’Italie toute belle et colorée en blanc, tout comme la Sicile, la Sardegnia en gris, tout comme la France, l’Espagne et le reste d’Europe !!! Ma colère était itelle que j’ai envoyé tout de suite un e-mail à la rédaction de l’émission et je me suis félicite pour le programme, soit disent, culturelle !!! Résultat : chaque fois que l’émission passe à la télé ou on parle de Patrick de Carolis je pique un crise de nerfs !!!
Vous voyez, l’orgueil sarde coïncide avec l’orgueil italienne.

p.s. pardonnez mes fautes d’orthographe, j’y travail encore !
Avec tous mes amitiés.

Ecrit par : Valeria | jeudi, 16 février 2006

Valeria,
c'est vrai, hélas, la Sardaigne est très mal connue des Français. Ma princesse et moi faisons notre possible pour corriger cela.
Mes excuses au nom de mes compatriotes.
Ne vous en faites pas pour les fautes d'orthographe: si vous voyiez celles que je fais quand j'écris en italien !!

François,
C'est bien vrai:
- je ne suis pas Sarde et ne le deviendrai jamais, je suis Normand, né à Cherbourg et Breton d'adoption
- je ne parle pas sarde et ai déjà bien du mal à parler italien
Ca ne m'empêche pas d'aimer et respecter les Sardes et leur façon de vivre et leurs valeurs (je pense l'avoir dit souvent).
Il est vrai aussi que je ne comprends pas tout ce qui se passe autour de moi.
Pourtant, je suis fâché contre vous:
Je pense qu'après seulement un an de présence, j'ai encore le droit à l'erreur quand il s'agit de confondre la langue italienne et la langue sarde. D'ailleurs qu'elle langue sarde ? Celle du Campidanese, de la Barbagia, de la Gallura, de Carloforte, …

Il y a quelques années, nous avons passé la nuit dans un agriturismo en Gallura. Le propriétaire s'est presque disputé avec l'amie Sarde qui était avec nous car il affirmait être d'abord de la Gallura, puis de la Sardaigne.
Cette petite histoire pour vous montrer que l'on pourrait découper ainsi le monde en morceaux de plus en plus petits et toujours trouver que "l'autre" "n'est pas d'ici".
Personnellement, je trouve cela quelque peu dangereux.

Ecrit par : Gerard | vendredi, 17 février 2006

Cher Gerard la réaction de François je ne la comprend pas très bien.Déjà un blog c'est personnel.Du coup je pense à la chanson de M.Leforestier:(on ne choisi pas ses parents on ne choisi pas sa famille...) par contre on choisi ses amis et ses blogs.Laissons les littéraires écouter leurs émissions à la télé et se débattre sur le pourqoi de la virgule à tel endroit et pas à un autre!
Je voulais aussi dire que moi quand je suis en sardaigne dans la famille la discussion se passe en général avec les anciens en sassarese et par intermittence avec les plus jeunes en italien.Donc pas de régle exacte sur ce point parler l'italien demontre son niveau de culture et c'est valeurisant même pour un sarde,il faut pas oublier que la sardaigne c'est aussi l'italie.
bonne journée à toi Gerard

Ecrit par : Salvatore | vendredi, 17 février 2006

Merci Salvatore de tes encouragements.

PS:
Quand j'ai écrit la note ci-dessus, je ne voulais que faire partager à tous l'effet hilarant de cette sorte de "court-circuit mental" qui m'était survenu (en supprimant mentalement le décalage de temps entre les 2 événements similaires). Je ne pensais pas déclencher une telle discussion. Ceci d'autant plus que je ne sens aucun droit d'avoir un avis relatif à la langue Sarde, autre que celui qui consite à penser que, comme toutes les langues un peu "rare", il faut bien faire attention de la préserver.

Remarque:
Jamais personne ici ne m'a fait remarquer que je devrais apprendre le Campidano plutôt que l'Italien.

Ecrit par : Gerard | vendredi, 17 février 2006

Moi je connais une grand mère qui serait très fâchée si elle savait que vous (Gérard) appreniez le Campidano plutôt quez le « Calasettan »...

Pour rallonger la discussion (qui partait certes d'un autre sujet, ANODIN)), je dirais que les langues font parties des richesses culturelles d'une communauté et de son histoire, qu'elles en sont les racines, tout comme les coutumes, la cuisine...qu'il faut en être fier et les entretenir, mais elles participent comme les frontières au morcellement et à la scission des populations.

Pour continuer, j'estime que les relations inter humaine ne passe pas forcément par la langue, que les sentiments, les contacts, les relations, les faits et gestes quotidiens et la promiscuité suffisent à créer des liens, à connaître chaque jour un peu mieux l’autre.

Quand bien même si quelqu’un veut prétendre être Sarde d’adoption doit il apprendre tous les dialectes?

Pour revenir au post qui me fait réagir, le « ceux qui prétendent connaître la Sardaigne […] ont encore bien des choses à découvrir et à comprendre. » m’oblige à retourner la phrase contre l’auteur afin que celui- prenne le temps de lire plus amplement le blog.

Peut-être avait il eu ce jour là tout simplement une mauvaise journée?
(Nous sommes des amateurs de Sardaigne, pas des envahisseurs conquérants)

Ecrit par : Manu | lundi, 20 février 2006

Merci Manu de votre soutien.
Je suis bien d'accord avec vous les langues sont à double face. D'un côté elles sont le vecteur de l'identité, de la culture et de la tradition d'un peuple. De l'autre elles ont un frein à la fraternité.
D'un côté elles sont très importantes, de l'autre elles sont un danger.
Il faut pourtant bien "faire avec" et essayer d'en parler plusieurs.
A ce propos, je suis inquiet de constater dans les pays où j'ai des amis (Sardaigne, Allemagne, France) le manque d'intérêt des adolescents pour les langues étrangères.
Je trouve bien triste que la jeunesse européenne ait ce point en commun.

Ecrit par : Gerard | mardi, 21 février 2006

En voyant des photos de la sardaigne j'ai totalement craqué et j'ai envi de mieux la connaître. Etant habituée à la Corse et ayant été très déçu par la mentalité. J'aimerai connaître mieux les Sardes, comment sont ils avec les étrangers (touristes), est-ce qu'ils les acceptent ou les détetes t'ils ? Quand on va au restaurant comment cela se passe t-il ?

Merci.
@+

Ecrit par : Laura | jeudi, 23 février 2006

Laura,
Je ne peux vous répondre ainsi publiquement...
mon email est gerard@sardaigne.fr
Envoyez-moi le vôtre.

Ecrit par : Gerard | jeudi, 23 février 2006

Je voudrais réagir à ce que François Fanni affirme. Je suis moi même sarde et je vis en France dépuis 16 ans maintenant. J'ai vecu en Sardaigne jusqu'à 21 ans donc suffisemment pour en apprecier les vertus et les défauts (que je comprends mieux aujourd'hui en vivan ailleurs). Je suis choqué que l'on puisse comparer la Sradaigne et l'Italie au même écart entre la France et le Maghreb. C'est completement déplacé. Oui sans doute certains village du centre ont encore une mentalité que l'on peut considérer comme encestrale, mais la grande majorité des sardes se sentent bien italiens et l'écart par rapport à d'autre régions est bien different d'une culture arabe et française. Que dire du sud profond de l'Italie alors...... c'est lAfrique noire?
Je suis né à Cagliari et je suis profondement Italien. Ma mentalité n'est certainement pas plus arcaique que celle d'autres italiens. Nous ne sommes pas une terre annexe, nous sommes une partie intégrante d'une mantalité à mille facettes. François, ton post est honteux.

Ecrit par : Luca | mardi, 04 septembre 2007

Le pauvre François, je crois qu'il a son compte.
Pourtant je ne pense pas du tout qu'il méprise la Sardaigne. Bien au contraire, il voulait, si je l'ai bien compris, mettre en évidence son identité et sa différence avec l'Italie. A cela s'ajoute le fait qu'il considère que la Sardaigne fut (et est encore) colonisée par l'Italie (d'où le parallèle avec l'Afrique du Nord colonisée par la France). Peut-être eut-il mieux fait de comparer la Sardaigne à la Corse, dont certains habitants se pensent colonisés.
En prenant ce raisonnement à mon compte et en essayant de le prolonger un peu, j'en viens à me demander si les Lombards, les Gènois, les Vénitiens, ... sont Italiens ? Et pour finir je me demande si l'Italie existe bel et bien, ou si je l'ai rêvée ?
Pourtant, lors de la coupe du monde de football, il y avait un tel monde dans les rues que je ne pouvais m'être endormi ?

Ecrit par : Gérard | mardi, 04 septembre 2007

comment dormir ce soir là, après la fin de carrière atypique de notre Zizou?

D'un autre côté, la défaite n'a pas aidé non plus; mais elle m'importe peu, car marié depuis peu à une "Italienne de Sardaigne", je suis à nouveau champion du monde en portant son nom!!

A bientôt!

Ecrit par : Manu | mercredi, 05 septembre 2007

Mon dieu François que d'intolérance!!!! Nous sommes mon mari et moi des Sardes d'adoption depuis 1an. Nous vivons à Villasalto petit village perché dans la montagne où nous parlons (essayons au mieux) l'italien et apprenons le Sarde (celui parlé dans notre joli village) Aucun habitant ne se permet de parler de votre façon EUX seuls en auraient le droit et ils ne le font pas! Que dire de leur gentillesse, de leur grandes qualités de coeur, du respect envers l'autre et pourtant ......mais le respect y est. Nous faisons tout pour nous fondre dans cette grande famille sarde et tout ça avec leur aide, leur compréhension. Je ne prétends pas connaitre la Sardaigne car qui peut se vanter de connaitre son pays, sa région,sa ville? Leur histoire est faite d'anecdotes: pour vous, peut être stupides, dérisoires. François, par pitié ne venez pas tout gâcher,par votre suprériorité déplacé et certainement inexistante, restez dans votre milieu de Monsieur Je Sais Tout, là est votre place . Salve Anne

Ecrit par : Anne et Herman | mercredi, 21 novembre 2007

je découvre aujourd'hui seulement, presque quatre années plus tard, les commentaires entraînés par mes revendications légitimes à l'identité sarde. Loin de moi l'idée de sous-estimer la Sardaigne, bien au contraire. Qui parle d'anecdotes stupides et dérisoires? La Sardaigne a son histoire, sa culture et sa langue, n'en déplaise aux ignorants qui confondent langue et dialectes. Anne dont j'ignore les racines me taxe de "monsieur je sais tout" alors que je n'ai certainement pas cette prétention. Mais sait-elle qu'une ile est une entité forte du fait qu'il s'agit d'un territoire délimité naturellement par la mer!! rien à voir avec les gênois ou autres habitants de l'Italie. Et si les Sardes parlent italien c'est bien la conséquence d'une colonisation qui consistat pendant longtemps à interdire aux enfants de parler leur langue SARDE dans les écoles. Si vous voulez tuer une culture, commencez par supprimer la langue. Je crains qu'on ne finisse par parquer les sardes dans des réserves comme les amérindiens mis en minorité sur leurs propres terres. Luca, je suis désolé mais avant de commenter mes propos, il faut bien les lire: je n'ai jamais dit que les sardes avaient une mentalité encestrale, je n'ai jamais tenu de propos péjoratifs vis-à-vis de la terre de mes encêtres et Gérard qui sait lire l'a bien compris: il s'agissait d'une comparaison géopolitique mais Luca s'est perdu dans des aspects négatifs sur la Sardaigne et l'Afrique du Nord, ce qui serait bien sûr insultant et méprisant autant pour l'AFN que pour la Sardaigne que je chéris. Les Sardes parlent bien entendu Italien par la force des choses, car c'est la langue officielle imposée mais lorsque je vais en Sardaigne , mon plus grand plaisir est de parler ma langue maternelle et paternelle: le sarde où que je sois en famille ou entre amis. Salvatore, ce n'est pas parce qu'on parle italien qu'on prouve son niveau de culture, je pense que pratiquer le sarde démontre des connaissances supplémentaires; la langue sarde n'est pas une sous-culture, ce serait être bien ignorant que de penser cela.
J'aurais tout aussi bien pu parler de la Bretagne, de l'Alsace ou de la Corse mais ça revient au même. Selon certains morceler les territoires c'est s'opposer à la fraternité, belle théorie qui vaut uniquement chez les autres: n'oublions pas que la France a chassé de chez elle l'envahisseur même si certains français étaient plutôt du genre à fraterniser. Moralité, n'essayons pas d'appliquer ailleurs ce qu'on ne voudrait pas subir chez soi. A ceux qui paraissent durs à la comprenette, je dirai que la Sardaigne coule dans mes veines, je l'ai dans la peau et je ne pensais pas qu'en disant tout simplement la vérité, je soulèverais autant de polémique ... mais il est vrai que les plus virulents sont ceux qui ont le plus de mal à déceler les nuances. Vive la Sardaigne, vive la France et vive la liberté d'expression!

Ecrit par : françois FANNI | jeudi, 10 septembre 2009

Ecrire un commentaire