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vendredi, 09 décembre 2005

Aide aux candidats à l'immigration en Sardaigne

Indication:

Cette note ne concerne que ceux qui ont envie d'habiter ici. Les aimables Visiteurs de ce blog qui n'entrent pas dans cette catégorie, sont autorisés à ne pas la lire. S'ils le souhaitent, ils peuvent le faire quand même, ne fût-ce que par curiosité.

Résumé de vos démarches précédentes (voir les détails):

Vous devez faire un contrat pour l'eau de votre nouvel appartement, mais vous êtes incapable de trouver une adresse valide de la SIM, la société de distribution d'eau. Après bien des recherches sur Internet, vous avez quand même localisé une rue dont le nom avoisine celle de l'adresse que l'on vous a fournie.

Dernier chapitre (enfin j'espère qu'il sera le dernier):

Dans le flou où vous êtes et compte-tenu du fait que vous avez un rendez-vous avec le locataire sortant (que vous n'avez jamais vu) à 11h20 précises devant la porte de l'office, vous décidez de prendre votre voiture et d'aller explorer la via Cornalias en espérant trouver son "prolongamento". Evidemment c'est à l'autre bout de la ville et nous sommes en période d'achats pour Noël… L'exploration, agrémentée de sens interdits et de pluie ne vous prend que deux heures et demie.

Après ½ heure de patrouille, vous êtes sûr que Via Michelin ne se trompe pas : le "prolongamento" n'existe pas. Mais en bon éclaireur, vous avez repéré un immeuble situé dans une zone semi-urbanisée dont vous êtes convaincu que Fellini aurait aimé faire un lieu de tournage. Le dit immeuble, entouré de grilles, appartient à la commune de Caglairi et est indiqué comme "servizi aquedotto". Le mot italien pour eau étant "aqua", il est votre candidat favori, même si le mot est introuvable dans le dictionnaire. Malheureusement, le 8 décembre étant un jour férié, vous ne pouvez demander à personne de confirmer votre intuition.

De retour chez-vous, vous sollicitez encore les bonnes volontés, hélas sans succès.

Le lendemain, jour du rendez-vous avec le précédent titulaire du contrat devant la porte de la "SIM", vous prenez vos précautions et partez largement en avance.

Sur place, vous accédez à l'immeuble. Sur la porte, une feuille collée au scotch, précise "SIM".

Victoire ! Quelles capacités de déduction sont les vôtres !

Il est seulement 11h00, votre rendez-vous est à 11h20. Patience.

A 11h15 vous êtes de retour devant la porte avec vue sur le décor désolé. Heureusement il y a du soleil et les collines qui ferment l'horizon ont fait un effort de décoration au moyen de jolis nuages accrochés à leurs crêtes. Vous regardez arriver tous les candidats aux contrats aquatiques, mais aucun ne semble chercher quelqu'un.

11h20; 11h25; 11h30; 11h35. Vous avez dépassé le ¼ d'heure de retard, pourtant non réglementaire, chez les Sardes qui sont ponctuels.

11h36, vous décidez de tenter votre chance seul et rentrez dans l'immeuble. Avanti !

Vous faites la queue (scusa, ma sono primo da Lei) pour accéder à une table ou une dame vérifie que votre dossier est conforme (sur le vôtre il manque juste le nom du propriétaire), puis elle vous donne un numéro déchiré d'une bande de papier sur lequel sont pré-écrits à la main une série de numéros. Vous héritez du numéro 27. A ce moment, s'approche un monsieur qui demande à la dame: "pourrions-nous être sur le même numéro ?". Le brave monsieur se tourne vers vous et se présente: c'est bien avec lui que vous aviez rendez-vous. Quelques fois il est utile d'avoir un accent.

Chouette, il a le numéro 24, vous avez gagné trois places.

Après encore 20 minutes de patience, vous parvenez devant un bureau. Il n'y a qu'une seule chaise, mais les lois de l'hospitalité locale font que vous en héritez.

L'employé, derrière son bureau, lunettes rafistolées avec du scotch, frappe avec force sur son clavier (à votre avis, à ce rythme là, il doit en changer tous les mois). Dans le même temps, il renseigne une collègue pour une affaire délicate de contrat avec une entreprise. Au bureau d'à côté, une employée semble en former une autre. Il en résulte un brouhaha très italien. Encore quelques coups de tampon et quelques signatures.

Exit le précédent locataire. C'est à vous d'entrer en scène.

Vous né où ? - Cherbourg - ?!?!?! Ça ne fait rien, on laisse la case vide. Vous n'êtes plus né nulle part.

Derrière la fenêtre les collines continuent de vous faire du charme. Quelques frappes magistrales sur le clavier plus tard et d'autres coups de tampon dignes d'un forgeron (le tampon ne doit pas pouvoir tenir plus d'une semaine).

C'est fait !

Erreur! Mais où est donc passée votre sagacité ? Et le relevé du compteur ?

Ah ! vous partez demain pour 1 mois ! Hum… suivez-moi ! Vous voilà parti au même rythme que les frappes sur le clavier, serviette en vrac sous le bras.

Dehors, votre escorte vous amène auprès de deux messieurs très occupés à ne rien faire. Votre mentor explique le problème et demande s'il est possible de faire un "salto" via Pergolesi.

En face, on cherche les moyens de ne pas interrompre les importantes tâches en cours.

Les questions pleuvent:
- Ce n'est pas possible lundi ?
- Quelqu'un d'autre pourrait être là ?
- Le compteur est-il accessible ?

Comme vous avez répondu par la négative aux deux premières, il reste à savoir si le compteur est accessible.

Coup de téléphone au fils du propriétaire (lui-même approchant les 90 ans, délègue à la jeunesse). Le numéro ne répond pas.

Vous appelez au bureau où vous demandez que l'on trouve votre carnet de notes. Mon dieu, que vous êtes imprévoyant ! On vous communique le numéro de l'épouse du locataire sortant.

Vous composez le numéro sur votre portable et tendez l'appareil à un des messieurs très occupés.

On s'explique: ouf ! Le compteur est accessible.

VOUS POUVEZ PARTIR en vacances demain.

PAS SI VITE. Signez d'abord - en blanc - le relevé de compteur. Ici.

Bien, mais vous venez de tacher votre pull-over avec votre stylo.

Consolez-vous: vous avez de l'eau pour le laver.

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